L’avenir du Smartphone: web mobile ou applications ?

Partons d’un simple constat : en 2013, il y aura plus d’Internautes mobiles (1,82 milliards) que d’Internautes fixes (1,78 milliards) dans le monde (Gartner 2009). Les supports mobiles, smartphones en tête, sont un moyen simple et puissant de maintenir l’utilisateur connecté avec le contenu web. Mais plus que cela, les technologies mobiles ont l’avantage d’être un média de masse, personnel et efficace. Leur généralisation représente donc un enjeu social, économique et culturel énorme pour les entreprises.

Dans ce contexte, tous les acteurs du secteur se mettent au pas : la preuve en est le renforcement féroce de la concurrence face à Apple et son iPhone.

Prenons l’exemple de Samsung, qui a su faire profiter sa gamme de smartphones d’une synergie trouvée avec tous les opérateurs français et ainsi passer en tête des ventes de smartphones en France. Google, dont la puissance du système d’exploitation Android permet de proposer aux concurrents d’Apple une alternative crédible face à l’iPhone. Ou encore Microsoft, qui a sorti durant l’été 2010 son propre système d’exploitation, bénéficiant d’une compatibilité parfaite avec les applications PC…

Cette nouvelle donne bouleverserait-elle la tendance du marché ?

Pour les éditeurs de contenu et les entreprises, la mise en œuvre d’une application smartphone devient de plus en plus complexe et de moins en moins rentable. En effet, les contraintes techniques imposées par chacune des plateformes se révèlent un vrai casse tête pour les développeurs qui souhaitent la plus large compatibilité. Si bien que l’application est souvent entièrement redéveloppée pour supporter l’environnement d’une autre plateforme. Les coûts induits deviennent vite rédhibitoires pour les entreprises, sachant que le coût de développement moyen est de 30 000 euros pour une unique plateforme cible …

Pour l’utilisateur, la navigation devient de plus en plus ardue.  La multiplication des « applications stores », qu’ils soient directement intégrés dans l’OS du smartphone ou indépendants, ne facilite pas la navigation. Cependant, même pour un système unifié comme celui proposé par Apple et son « Apple Store », la centaine de milliers d’applications à disposition ne permet pas une navigation rapide et ciblée. Et les utilisateurs sont souvent déçus de constater que leur toute nouvelle application n’est rien d’autre que du contenu web encapsulé.

L’accessibilité, les standards, l’ouverture : ces principes de base du web semblent avoir été progressivement abandonnés au profit de la concurrence. Avec comme conséquences directes l’absence d’interopérabilité et la dépendance technique et commerciale des entreprises à leur choix de technologies.

Peut-on alors envisager un retour à l’internet « ouvert » sur mobile ?

L’étude Orange – TNS  Exposure 2010 indique ainsi que 70% des internautes anglo-saxons préfèrent consulter du contenu média depuis le navigateur internet mobile plutôt qu’au travers des applications. Il ne fait aucun doute que l’internet mobile est une réponse rationnelle et efficace à la fragmentation des OS. Mais pas pour tous les types d’usages.

Pour son ouverture, le web mobile offre les possibilités les plus intéressantes à l’utilisateur qui souhaite consulter du contenu. Cette navigation s’apparente alors à celle qui est réalisée sur support fixe, et offre une richesse que l’environnement fermé des applications ne sera jamais à même d’égaler. D’autant plus que le développement d’un site mobile est plus simple que celui d’une application et complètement indépendant des OS du marché. Ainsi, pour proposer un usage restreint à la consultation, le développement d’un site web mobile doit même être considéré comme la première étape de toute stratégie web mobile pour une entreprise.

Mais n’enterrons pas si vite les applications. En effet, leur capacité à solliciter les fonctionnalités propres du smartphone en font des outils indispensables à toute utilisation interactive avec son mobile, comme la photographie, ou la géolocalisation… Et n’oublions pas qu’encore aujourd’hui l’usage des consommateurs reste en grande partie tourné vers les applications.

Finalement, la tendance annonce plus un rééquilibrage entre les applications et l’utilisation du web sur mobile plutôt que la disparition d’un média au profit de l’autre. Il faut surtout s’attendre à ce que l’usage des smartphones, voire des autres supports mobiles, se rapproche de celui qui est réalisé sur le web. La multiplication des forfaits data illimités confirme d’ailleurs cette évolution. Les entreprises on bien intégré le phénomène puisque 80% d’entre elles envisagent de créer un site mobile contre seulement 8% qui s’orientent vers une application ( Etude commanditée par Adobe en 2010).

Dans ces conditions, on peut s’interroger sur l’intérêt pour les fabricants de téléphones de rester sur des plateformes d’exploitation spécifiques. Souvenez-vous qu’il y a quelques années, le Mac d’Apple  n’a pas su convaincre un public élargi face à Microsoft et sa compatibilité avec tous les PC. En ce sens, les environnements exclusifs deviendront à l’avenir un frein à une distribution généralisée d’un smartphone… La question est de savoir quand ?

Sources : Indexel, Marketing Digital, Journal du Net, Solutions aux Entreprises

2 Comments

  1. Thanks for some quality points there. I am kind of new to online , so I printed this off to put in my file, any better way to go about keeping track of it then printing?

Leave a Reply